ED441
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Soutenance de thèse / Francesca Alberti
mise à jour : 13/12/2013
 

L'ED 441 a le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse de Madame Francesca Alberti, préparée sous le direction de M. Philippe Morel

Le rire, le ridicule et le comique dans la peinture italienne de la Renaissance.
Des facéties de Corrège aux fables burlesques de Tintoret   

le vendredi 12 décembre 2013 à 14h00, salle Vasari (Galerie Colbert)

 

Jury

M. Paul BAROLSKY, professeur, University of Virginia
M. Maurice BROCK, professeur, université François Rabelais
Mme Emmanuelle HÉNIN, professeur, université de Reims Champagne-Ardenne
M. Michel HOCHMANN, directeur d’études, EPHE
M. Philippe MOREL, professeur, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

Résumé

Victime du préjugé tenace de la hiérarchie des genres, et trop imprégnée d’un sérieux académique, l’historiographie a longtemps jugé le rire dans la peinture italienne de la Renaissance comme un phénomène marginal et trivial. En s’appuyant sur la nouvelle lecture d’Aristote et de Cicéron par les théoriciens renaissants, les historiens de l’art ont interrogé prioritairement le concept de turpitudo. On a si bien lié le comique et les défauts physiques que le rire en peinture a été circonscrit aux domaines de la peinture comique et de la peinture de genre. À la suite d’études telles celles de Paul Barolsky, cette thèse entend montrer la centralité du rire, y compris dans les genres considérés comme sérieux : les tableaux religieux de Corrège et les peintures mythologiques de Tintoret. Les ressorts comiques dans ces images, devenus pour la plupart inaccessibles à l’œil contemporain, exigent un travail historique. En convoquant nombre d’exemples figuratifs, la première partie de la thèse présente une anthropologie et une théorie du rire de l’Antiquité à la Renaissance, en passant par le Moyen Âge, moment capital quant aux liens entre rire et spiritualité, dont témoigne entre autre choses le phénomène du risus paschalis. Dans les trois autres parties, le choix des œuvres analysées révèle le caractère inconsistant d’une séparation entre les sphères profane et sacrée. L’usage diffus de plaisanteries érotiques a des origines antiques et pouvait revêtir différentes fonctions  : rapprocher les fidèles de la joie paradisiaque et leur faire ressentir la plénitude de l’amour du Dieu (chez Corrège) ou proposer une satire amusante des mœurs de la société (chez Tintoret).


Laughter in Italian Renaissance painting has long been considered by historiography as a marginal and trivial phenomenon, due to persistent discrimination of the hierarchy ofgenres and to academic seriousness. Art historians have mainly emphasized the concept of turpitudo by taking into account readings of Aristotle and Cicero by Renaissance theorists. Comedy and physical defects have been so closely linked that laughter in painting is usually limited to comic and genre painting. In the wake of studiessuch as those of Paul Barolsky, this thesis aims to point out the importance of laughter ingenres generally considered to be serious, such as Correggio’s religious paintings or Tintoretto’s mythological works. Historical research is essential in order to grasp the comic effects of these images, which generally are unnoticed by contemporaryspectators. By presenting a number of figurative examples, the first chapter of the thesis sets forth an anthropology and a theory of laughter from Antiquity to the Renaissance, passing through the Middle Ages which were a key moment in regard to connections between laughter and spirituality, as evidenced, inter alia, by the phenomenon of risuspaschalis. In the following three chapters, the works that are examined reveal the ficklenature of discrimination between the sacred and profane spheres. The frequent use oferotic humour has ancient origins and may have different functions: bringing the faithful closer to the joys of heaven and making them feel the fullness of God’s love (inCorreggio) or proposing an amusing satire of society’s customs (in Tintoretto).

 
mots-clés :
Renaissance
 

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