ED441
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Appel à candidatures / Ecole d’été à Belgrade
mise à jour : 15/04/2016
 

Appel à candidatures / Ecole d’été – l’université Paris 1 et l’université de Belgrade

Histoire croisée des muséologies et des traitements du patrimoine du Sud-Est européen et de la France, 1950-2015

Belgrade et Musée en plein air Vieux Village à Sirogojno
3-9 juillet 2016

Avec le soutien du Collège des ED de Paris 1, l'ED441 Histoire de l'art, l'université de Belgrade et le Musée en plein air Vieux village à Sirogojno

Responsable : Dominique Poulot, Ecole doctorale d’histoire de l’art, Paris 1

Date limite pour l’envoi des propositions : 15 avril 2016

Les candidatures (une lettre de motivation, un exposé des recherches en cours, pour un total de 600 mots maximum, de préférence en anglais) sont à adresser à : ecole.d-ete.museologie@hotmail.com pour le 15 avril 2016.

Cette école d’été, organisée en collaboration entre l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Université de Belgrade (Centre pour la muséologie et l’héritologie, Faculté de Philosophie) et le Musée en plein air Vieux village à Sirogojno, est ouverte à tous les doctorants intéressés de l’Université Paris 1, qui seront entièrement financés (6 doctorants). Elle offre aux doctorants la possibilité d’élargir leurs connaissances quant aux approches théoriques et méthodologiques du patrimoine à travers des traditions nationales originales, même – et surtout – s’ils ne sont pas spécialistes du Sud-Est européen. La sélection des candidat(e)s ne portera donc pas sur la connaissance des langues ou de la civilisation de ces pays, mais sur l’intérêt manifesté pour les patrimoines et les musées dans leurs recherches, qui peuvent toucher à différentes disciplines et à divers domaines. La connaissance de l’anglais est en revanche requise.

L’enseignement, dirigé par les professeurs Dragan Bulatović et Dominique Poulot portera d’une part sur la patrimonialisation et la mémoire culturelle et, d’autre part, sur la transformation de la muséologie au cours des dernières décennies. Ainsi, la première partie de l’école abordera les thèmes de la mémoire collective et culturelle, des lieux de mémoire, du processus de patrimonialisation, des usages du passé. La seconde partie traitera de la constitution de la muséologie en tant que discipline et du développement de ses différentes approches, de la nouvelle muséologie et des nouvelles technologies.

Propos scientifique

Dans le monde francophone la muséologie est définie comme la « science des musées » : c’est très largement Georges-Henri Rivière (1897-1985) qui a fixé le vocabulaire (par opposition à la muséographie) et les ambitions de la nouvelle discipline dans ses cours à notre université et à Paris IV de 1970 à 1982. La muséologie selon Georges Henri Rivière, Paris, Dunod, 1989, en est en quelque sorte le résumé à partir de notes de cours collationnées.

Or d’autres chercheurs, surtout de l’Europe centrale et du Sud-Est européen, tiennent un discours sur la muséologie différent, beaucoup plus ambitieux à certains égards. Le sujet de la muséologie n’est plus le musée, mais la muséalité, la relation particulière entre l’homme et la réalité – une relation qui est en même temps une valorisation, parce qu’elle détermine le choix des objets qui méritent d’être préservés et transmis à l’avenir. La muséalité définie de cette manière correspond en fait à la notion française du patrimoine, ou à ce qu’on peut définir comme patrimoine culturel.  

L’enseignement de la muséologie à la Faculté de philosophie de Belgrade a commencé en 1948 pour les étudiants d’histoire de l’art, d’archéologie et d’ethnologie. Dans cette première phase, les professeurs ont été des professionnels des musées, marqués par l’influence de l’École du Louvre et du cours de Germain Bazin (1901-1990) – un cours qui était à l’époque unique dans le paysage de l’enseignement supérieur, et qui a donné lieu à la publication du plus fameux ouvrage de la tradition française en la matière, Le temps des musées, 1967, paru simultanément en anglais. Pendant les années 1970, la question des monuments culturels est devenue une partie importante du cursus de la muséologie à Belgrade, et au fur et à mesure, la notion de muséologie a commencé à se transformer en études patrimoniales. Dans les années 1980 Dragan Bulatović a pris la charge d’enseignement de la muséologie et du patrimoine, au sein du département d’histoire de l’art.

Les débuts de l’enseignement de la muséologie en Croatie ont été semblables – le sujet a été introduit à la Faculté de philosophie en 1946 pour les étudiants d’histoire de l’art et d’archéologie. L’idée d’intégrer ces études au sein des sciences de l’information est apparue vingt ans après et, finalement, le Département pour la muséologie a été fondé auprès du Département des sciences de l’information en 1984. Le premier directeur du département a été Ivo Maroević et Tomislav Šola fut son successeur. On peut dire que ces deux intellectuels ont eu une stature aussi décisive que celle de G.-H. Rivière, et en particulier une diffusion internationale de leurs propositions, portée dans certains cas par l’exil de leurs élèves. Ainsi dans l’université du Québec une des formations en muséologie est dirigée par une ancienne élève d’ Ivo Maroevic. Ces deux écoles, de la Serbie et de la Croatie, ont entretenu des échanges constants depuis leurs débuts, en développant des idées très proches. Du fait de la coopération avec les muséologues de l’Europe centrale et orientale, elles ont été influencées par les muséologues tchèque Zbinĕk Stránský et polonais Wojciech Gluzinski.

L’influence française s’est maintenue après la perte d’influence de l’école du Louvre, qui n’était plus l’unique centre européen de formation et de réflexion, puisque Tomislav Šola et Dragan Bulatović avaient poursuivi leurs études en France, et y avaient gardé des contacts et reçu des invitations. Les théories de nombreux philosophes français (surtout Michel Foucault), de sociologues (Maurice Halbwachs), d’historiens (Pierre Nora, Jacques le Goff), d’historiens de l’art (André Chastel) ont  ainsi  irrigué les études du patrimoine dans le Sud-Est européen. C’est d’ailleurs à la conférence annuelle de l’ICOM à Paris, en 1982, que Tomislav Šola a proposé la notion d’« héritologie » pour une discipline qui ne serait plus concentrée sur l’institution du musée, mais qui représenterait la science générale du patrimoine. Bien que Šola ait changé d’avis concernant le nom de la science en question, proposant une « théorie générale du patrimoine », cette dialectique entre la discipline orientée vers l’institution du musée et la discipline qui traite le patrimoine dans un sens holistique est demeurée la base de cette école.

Durant les décennies écoulées cette école a influencé de nombreuses institutions, mais aussi la plupart des programmes universitaires concernés dans l’Europe centrale, orientale et aux Balkans. Toutefois, elle demeure presque inconnue en Europe de l’Ouest. Cette école d’été offre donc aux doctorants de Paris 1 la possibilité d’élargir leurs connaissances sur les approches théoriques et méthodologiques du patrimoine dans une autre partie de l’Europe.

En ce qui concerne le planning de l’école, le séjour des doctorants et des professeurs en Serbie est prévu du 3 au 9 juillet 2016. Le 4 juillet les doctorants auront la possibilité de visiter les musées principaux de Belgrade et de rencontrer les professionnels des musées et du patrimoine. Ensuite, une conférence à la Faculté de philosophie sera organisée concernant les échanges entre l’école française et l’école du Sud-Est européen. Le 5 juillet les doctorants et les professeurs de l’Université Paris 1 et de l’Université de Belgrade partiront pour Sirogojno, et pendant l’après-midi ils seront accueillis au musée « Vieux village ». Ce musée, établi en 1980, est un des musées les plus fréquentés du Sud-Est européen. C’est également le musée qui a été inclus dans le concours pour le Prix du musée européen de l’année (en 2014). Les 6 et 7 juillet seront consacrés aux conférences inaugurales des professeurs invités (Dominique Poulot, un enseignant d’une autre école doctorale de Paris 1 (sous réserve, contacts en cours) et Dragan Bulatović), du conservateur en chef du musée « Vieux village » (Nikola Krstović), aux conférences du maître de conférences de l’Université Paris 1 (Arnaud Bertinet) et de l’assistant de recherche de l’Université de Belgrade (Milan Popadić) ainsi qu’aux communications des doctorants, suivies par les commentaires des professeurs. Le 8 juillet les conclusions de l’école seront tirées par les professeurs et un bilan sera dressé par les doctorants. Le retour à Belgrade est prévu le même jour l’après midi, et le retour à Paris lendemain matin (9 juillet).

Les étudiants auront jusqu’au 31 octobre 2016 pour envoyer leurs textes pour une publication des Actes de l’école d’été, intitulée Towards the Total Reality of Heritage, French-Serbian Summer School of Museology Proceedings, qui paraîtra en anglais, avec les articles de tous les participants. Les articles des doctorants, portant sur leurs recherches respectives, seront d’une longueur de 3000 mots. La publication est prévue pour juin 2017. Elle sera diffusée directement aux musées de Serbie et en France.

 


Programme detaillé des enseignements

Premier jour

9h30 / L’ouverture de l’école, Nikola Krstović, Dragan Bulatović, Dominique Poulot
10h00 / Dominique Poulot, professeur des universités et directeur du Master recherche « musées et du patrimoine », Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
L’école française du patrimoine
10h45 / Dragan Bulatović, professeur et directeur du Séminaire pour la muséologie et l’héritologie, Faculté de philosophie, l’Université de Belgrade
Les influences françaises sur l’héritologie

11h30 / Pause

11h45 / Milan Popadić, l’assistant de recherche du Séminaire pour la muséologie et l’héritologie, Faculté de philosophie, l’Université de Belgrade
Les études de la muséologie et du patrimoine à la Faculté de la Philosophie à Belgrade
12h30 / Discussion

13h30 / Pause

Session – Vers la réalité totale du patrimoine

15h30 / Nikola Krstović, Muséalisation de la vie quotidienne dans les musées en plein air
16h00 / Les communications des doctorants

17h30 / Pause

17h45 / Arnaud Bertinet, MCF HiCSA-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Les musées face aux dangers et aux catastrophes menaçant la conservation de collections
18h15 / Les communications des doctorants
19h15 / Discussion  

Deuxième jour

Session – Patrimonialisation = Mémorisation ?

10h00 / Dominique Poulot et Arnaud Bertinet, Patrimoine, mémoire, identité
10h30 / Les communications des doctorants
12h00 / Discussion

12h30 / Pause

14h00 / Milan Popadić, La construction de la mémoire, l’exemple du musée de l’art contemporain à Belgrade
14h30 / Les communications des doctorants
15h00 / Dragan Bulatović, Le patrimoine, la mémoire et le monde de l’art
15h30 / Les communications des doctorants
16h30 / Discussion
17h00 / Conclusions
 


Calendrier
- Date limite pour l’envoi des propositions : 15 avril 2016
- Sélection des dossiers : avril 2016
- Voyage à Belgrade : 3 juillet 2016
- Visite des musées principaux de Belgrade et  conférence à la Faculté de la Philosophie de Belgrade : 4 juillet 2016
- Départ pour Sirogojno : 5 juillet 2016
- L’école d’été à Sirogojno : 6-8 juillet 2016
- Retour à Belgrade : 8 juillet 2016
- Retour à Paris : 9 juillet 2016
- Réception des textes pour la publication : 31 octobre 2016
- Publication : Juin 2017

Tous renseignements complémentaires peuvent être obtenus à : ecole.d-ete.museologie@hotmail.com.

 

ED 441, École Doctorale d'Histoire de l'art — Institut National d'Histoire de l'Art, 2 rue Vivienne, 75002 Paris — email / tel.: +33 (0)1 47 03 84 44

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