Formation doctorale   Séminaire doctoral commun Paris 1 / Paris 4   Séminaire commun / 2013 - 2014   
Séminaire doctoral commun / Séance 5 / 6 avril 2014
mise à jour : 2014-04-04
 

Séminaire Doctoral Commun Paris I / Paris IV

Des pleins, des vides


Séance 5 : L’Absence / Le Trop Plein
 

6 avril 2014, salle Jullian, 18h - 20h


Juliette MILBACH (Paris I), Arkady Plastov (1893-1972)
La majorité des archives soviétiques ont été ouvertes aux chercheurs occidentaux après 1991. Les sociologues, les historiens parlent de « révolution archivistique ». Qu’en est-il pour l’historien d’art ? Travailler autour de l’œuvre d’un acteur culturel soviétique pose un certain nombre de questions méthodologiques auxquelles nous nous sommes heurtés dans le cadre de notre travail sur le peintre Arkadiï Plastov (1893-1972). Que révèlent les fonds personnels déposés dans les archives nationales, dans quelle mesure se différencient-ils des fonds privés ? Qu’ils soient nationaux ou privés ces fonds posent le même problème aux chercheurs : abondance de matériaux souvent anecdotiques alors que des questions centrales restent en suspend. Au-delà d’une première déception que nous apprennent les fonds d’expositions ou de comités de Jury? Des prises de parole à l’Académie aux contrats de commandes : quel usage faire de ces documents ? Permettent-ils de mieux comprendre une œuvre ou un parcours personnel?

Julien BOBOT (Paris I), La diffusion de l’art américain et sa réception en France, de l’après-guerre à la fin des années soixante-dix.
L’histoire des relations artistiques entre Paris et New York après la seconde guerre mondiale s’est longtemps résumée à celle d’une confrontation. A l’émergence de New York comme métropole artistique et culturelle de premier plan, Paris, capitale historique de l’art et de la modernité, n’aurait pas ou mal survécu. New York aurait volé l’idée d’art moderne (1) – et non seulement l’idée, mais le marché, la création et tout ce qui constitue les éléments d’un leadership culturel. Cette perception  conflictuelle des événements se traduit dans l’historiographie. Il a longtemps été difficile de s’affranchir d’une interprétation née de l’histoire immédiate écrite par la critique française ou américaine, qui a constamment fait de la querelle de leadership et de son issue la trame de son récit. Mais une relecture de cette histoire est désormais à l’œuvre. L’analyse des circuits économiques des échanges artistiques, une approche centrée sur les échanges culturels, permettent de s’écarter d’une conception trop exclusivement institutionnelle ou politique des événements. A cette lumière, Il est aujourd’hui nécessaire d’opérer un retour sur ce que fut la réception en France de l’art américain à partir de la seconde guerre mondiale, et ainsi de restituer les conditions d’apparition des œuvres dans leur contexte culturel.

1) Serge Guilbaut, Comment New-York vola l’idée d’art moderne. Expressionnisme abstrait, liberté et guerre froide (1983), Nîmes, Jacqueline Chambon, 1989.

Professeur invité : M. Jean-Yves ANDRIEUX (Professeur, Université Panthéon-Sorbonne – Paris IV)
 

 
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études doctorales