Formation doctorale   Séminaire doctoral commun Paris 1 / Paris 4   Séminaire commun / 2013 - 2014   
Séminaire doctoral commun / Séance 6 / 15 mai 2014
mise à jour : 2014-05-19
 

Séminaire Doctoral Commun Paris I / Paris IV

Des pleins, des vides

Séance 6 : L’Absence / Le Trop Plein

15 mai 2014, salle Jullian
 


Gwenn Riou (Aix-Marseille Université)? L'art dans la revue "Commune" (1933-1939), ou la question d'un consensus artistique de gauche dans les années 1930 en France
L’histoire des années trente évoque surtout, et à juste titre, la crise économique, et l’émergence des idéologies totalitaires. Mais il est rarement fait mention de l’activité artistique qui s’y développe. Dans cette dernière décade de l’Entre-deux-guerres, l’art et la politique entretiennent des rapports étroits et complexes. Ces rapports trouvent leur paroxysme dans l’engagement politique dont font part les artistes, critiques et esthètes en tout genre. L’étude des écrits sur l’art dans la revue Commune (1933-1939) vise à explorer les liens qui existent entre la création artistique et les idéologies de gauche. Seulement, l’analyse de cette seule revue ne suffit pas. Il s’agit de s’attarder sur d’autres périodiques politiquement proches de Commune qui publient également des considérations sur les arts. Les revues deviennent alors un élément essentiel dans la structuration d’un champ politico-artistique indispensable à notre travail.

Flaurette Gautier (Paris 1), Réception critique du cubisme : de l’anthologie au corpus
Les relations problématiques de l’histoire de l’art et de la réception critique constituent un des facteurs d’explication aux variations éditoriales notoires constatées dans les trois anthologies existantes sur la réception critique du cubisme (Fry, 1966 ; Gamwell, 1980 ; Antliff-Leighten, 2008). La somme considérable de commentaires parus dans la presse, qui témoigne de la portée du débat sur le cubisme avant la première guerre mondiale, a été évacuée de manière significative par ces travaux au nom, pour les deux premiers, d’une quête de vérité historique. La relation hiérarchique entre les témoignages qu’induit une telle approche semble toutefois difficilement conciliable avec le souci d’objectivité et de représentativité que suppose une anthologie. La réévaluation culturelle de ce corpus publié par Mark Antliff et Patricia Leighten en 2008 a en partie comblé les carences relevées sans néanmoins couvrir l’ensemble du phénomène.
Mon projet de recherche, qui interroge la réception critique du cubisme dans le contexte d’une « occulture » (Partridge, 2004-2005 ; Kokkinen, 2013) se fonde sur une double approche méthodologique, à la fois culturelle et relativiste (Junod, 2002), dont il s’agira de démontrer l’intérêt dans le premier volet de cette communication. Celle-ci se déroulera ensuite en deux temps : deux exemples significatifs permettront en effet de souligner la pertinence non seulement du faisceau d’analyse adopté mais aussi d’aspects du corpus critique négligés jusqu’à présent : la réception populaire et internationale du cubisme.

Professeur invité : M. Jérémie CERMAN (Maître de conférences en histoire de l'art contemporain, Université Paris-Sorbonne)