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Soutenance de thèse / Chloé Perrot / Iconologies des Lumières. Des usages d’un modèle en France au XVIIIe siècle
mise à jour : 30/11/2020
 

L’ED 441 et l’École du Louvre ont le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse de Chloé Perrot, préparée sous la direction du Professeur Étienne Jollet et de Monsieur Guilhem Scherf

Iconologies des Lumières.
Des usages d’un modèle en France au XVIIIe siècle

Samedi 28 novembre 2020 à 9h30

Soutenance par visio-conférence


Jury
Christine Gouzi, Professeur des universités, Sorbonne Université, rapporteur
Étienne Jollet, Professeur des universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, directeur de thèse
Corinne Le Bitouzé, Conservateur général des bibliothèques, Bibliothèque nationale de France, examinateur
Christophe Martin, Professeur des universités, Sorbonne Université, rapporteur
Guilhem Scherf, Conservateur du patrimoine, Musée du Louvre, co-directeur de thèse
Élisabeth Décultot, Humbold-Professur, Université de Halle, examinateur

Résumé
L’Iconologia de Cesare Ripa paraît pour la première fois en 1593 à Rome. En 1636, Jean Baudoin l’adapte en français. Les modifications opérées par le polygraphe et moraliste sur le texte original constituent la première étape de transformations qui touchent tant l’esprit que la lettre du modèle ripesque. En effet, tout au long du XVIIIe siècle, et plus particulièrement dans la seconde moitié, les publications d’iconologies se succèdent. Chacune apporte sa part d’innovations. Plus encore, d’importantes variations apparaissent dans la manière dont elles décrivent leur propre objet. Dès lors, il devient légitime de s’interroger sur la permanence de ce qu’Émile Mâle considérait être la clé des allégories de l’époque moderne.
Le corpus est tout d’abord envisagé tel qu’il se présente au lecteur, en tant qu’objets livres, et dans son histoire éditoriale. Cette approche permet d’appréhender les modalités de son élaboration et de sa diffusion. Les particularités matérielles et intellectuelles des différentes éditions contribuent à l’élaboration d’une typologie multifactorielle.
De points communs en différences, l’hétérogénéité des recueils doit alors être questionnée du point de vue de la fonction. Entré comme nom commun dans la langue, le terme « iconologie » semble vouloir désigner si ce n’est un genre, du moins un type d’ouvrages, des dictionnaires d’une langue en images à destination des artistes et des amateurs, un code, un « canon immuable » selon les mots de François Deshoulières. Pour autant, tout parait problématique dans cette lecture et l’approche sémiotique, dont la notion de genre est le fil directeur, contredit toute inscription des iconologies dans une catégorie unique.
Cependant, le nom même de l’iconologie trahit la présence d’un logos, la potentialité d’un discours de raison dont les auteurs, hommes des Lumières et de la parole prise par l’opinion, se saisissent. Les estampes et les textes, les images-langage d’une éducation par les yeux, leur organisation, leur finalité et leurs usages, tout témoigne à la fois d’un contexte de production et du désir de chacun d’influencer son environnement. Comme le soulignait Maurice Agulhon, « discours parlé, discours écrit, discours figuré s’adressent désormais à des masses d’auditeurs populaires, se multiplient pour elles ». De fait, les iconologistes accroissent sans cesse le nombre des concepts décrits, dans une démarche qui ne cherche plus à en révéler l’essence absolue mais le sens qu’ils leur prêtent, donc leurs idées et leurs idéaux.

Mots-clés : Mouvement des Lumières, Civilisation — Europe — 18e siècle, Signes et symboles, Sémiotique et art.


Abstract
Cesare Ripa's Iconologia was first published in 1593 in Rome. In 1636, Jean Baudoin adapted it in French. The modifications made by the polygraphist and moralist on the original text constitute the first stage of transformations that affect both the spirit and the letter of the ripesque model. Indeed, throughout the eighteenth century, and more particularly since 1756, the publication of iconologies followed one another. Each one brought its share of innovations. Moreover, important variations appeared in the way they described their own object. From then on, it became legitimate to question the permanence of what Émile Mâle considered to be the key to the allegories of the modern period.
The corpus is first of all considered as it presents itself to the reader, books as objectand then questioned in its editorial history. This approach makes it possible to perceive the modalities of its elaboration and distribution. The material and intellectual particularities of the different editions contribute to the elaboration of a multifactorial typology.
Between common points and differences, the heterogeneity of the books must be questioned from the point of view of function. Entered as a common name in the language, it seems to qualify if not a genre, at least a type of work, such as dictionaries of a language in images intended for artists and amateurs, a code, an "immutable canon" according to François Deshoulieres. However, everything seems problematic in this interpretation. The semiotic approach, in which the notion of genre is the guiding thread, contradicts any inscription of iconologies in a single category.
However, the very name of iconology betrays the presence of a logos, the potentiality of a discourse of reason that the authors, men of the Enlightenment and of the word spoken by the public, seize upon. The prints and texts, the images-language of an education through the eyes, their organization, their purpose and their uses, all testify both to a context of production and the desire of each person to influence his environment. As Maurice Agulhon pointed out, "spoken discourse, written discourse, figurative discourse are now addressed to masses of popular listeners, and are multiplying for them". Iconologists are indeed constantly increasing the number of the described concepts, in an approach that no longer seeks to reveal their absolute essence but the meaning, in other words their ideas and ideals.

Keywords : Enlightment, Eighteenth century, Sign and symbols, Semiotics and art.

 

 

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