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Soutenace de thèse / Sarah Hassid / L’imaginaire musical et la peinture en France entre 1791 et 1863 : mythes, pratiques et discours
mise à jour : 2019-12-13
 

L’ED441 de l’Université Paris 1 et l’équipe de recherche du troisième cycle de l’Ecole du Louvre ont le plaisir de vous inviter à la soutenance de thèse de Sarah Hassid, préparée sous la direction des professeurs Pierre Wat et François-René Martin

 

L’imaginaire musical et la peinture en France entre 1791 et 1863 : mythes, pratiques et discours

13 décembre 2019

9h00
En Sorbonne, Salle Jean-Baptiste Duroselle (accès : 14, rue Cujas - Paris 5e - Galerie Dumas)

 

Jury
Mme Claire Barbillon, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Poitiers
Mme Florence Gétreau, directrice de recherche honoraire en iconographie musicale et organologie au CNRS
M. François-René Martin, professeur d’histoire de l’art à l’ENSBA de Paris et à l’Ecole du Louvre, Mme France Nerlich, professeur d’histoire de l’art à l’Université de Tours
M. Emmanuel Reibel, professeur de musicologie à l’Université Lyon II – Lumière
M. Pierre Wat, professeur de histoire de l’art à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Résumé
Durant une large première moitié du dix-neuvième siècle, la musique est érigée en modèle poétique et esthétique. Elle met les artistes au défi d’un idéal invisible, impalpable et éphémère. Du Sommeil d’Endymion de Girodet à la Jeune fille en blanc de Whistler, cette étude tente de comprendre l’origine, les raisons, ainsi que les modalités du dialogue qui s’est opéré, en France, entre un imaginaire sonore revivifié et le domaine pictural. Elle s’attache à en dégager les mythes fondateurs et les expressions concrètes au sein des oeuvres, des pratiques et des discours. De Sainte Cécile au poète civilisateur et au musicien virtuose, l’art des sons est incarné par des figures inspirées ou possédées qui contribuent à modeler une nouvelle image de l’artiste. À mesure qu’elle s’affirme comme un phare au sein des Beaux-arts, la musique offre, de plus, des arguments originaux, en faveur d’une régulation ou, au contraire, d’une subversion des pratiques. Les modes d’appropriation qui naissent de ce nouveau paragone révèlent deux grandes tendances. Dès le début des années 1790, plusieurs artistes comme Valenciennes, David, Girodet ou encore Prud’hon s’emparent d’un idéal sonore mythique pour fonder une veine lyrique. Celle-ci se caractérise par des sujets sentimentaux, un essor du paysage, un culte voué à la manière vaporeuse du Corrège ou encore par la représentation de drames intériorisés. Une autre forme de musicalité picturale s’épanouit à partir des années 1820. Elle se traduit par une valorisation de la main du peintre, envisagée selon un rapport d’imitation et de rivalité avec celle du musicien. De Vernet à Ingres et à Delacroix, la “signature” de l’artiste s’exprime sur la toile, par le degré de fini de ses interprétations ou sa manière symphonique d’agencer les formes et les couleurs, indépendamment des contingences mimétiques. Absorbées, dès les années 1860, dans le giron baudelairien et wagnérien, cette passion artistique et les musicalités spéculatives qu’elle a générée semblent offrir, une fois mise au jour, un nouveau prisme pour ré-explorer le romantisme pictural et son historiographie.

Mots-clés : analogie et différence des arts ; aniconisme ; appropriation ; art féminin ; art civilisateur ; bruit ; critique d’art du XIXe siècle ; corrégisme ; effet ; esthétique du vague ; études de genre ; expression ; fini et non-fini ; geste ; harmonie ; hiérarchie des arts ; Homère, Orphée, Ossian, Sapho et poètes à la lyre ; iconographie musicale ; image de l’artiste ; imaginaire musical européen ; imagination ; inspiration ; interdisciplinarité ; lyrisme et sentimentalité ; maîtres anciens ; métaphores musicales ; musicalité ; musique antique/idéale/romantique ; mythes artistiques et musicaux ; paragone ; peinture de paysage ; peinture lyrique/musicale/dramatique/romantique/symphonique ; pratiques picturales ; Sainte-Cécile ; sons de la nature ; système des Beaux-arts ; théories de la couleur ; théories du beau et du sublime ; théories mimétiques ; théorie musicale ; transposition et transfert de médium ; virtuosité.

 

 
mots-clés :
art contemporain